jeudi 23 janvier 2014

LITTERATURE. MARIO RIGONI STERN.


Mario Rigoni Stern est né en 1921 à Asiago  (Italie), il y est mort en 2008. Il a à peine 17 ans lorsqu'il s'engage dans le régiment des chasseurs alpins. Il combattra en France, en Grèce, en Albanie et en Russie avant d'être fait prisonnier par les Allemands en 1943. Il est conduit dans les camps de Prusse orientale d'où il s'évade. Il gagne l'Autriche et parvient, à pied, à rejoindre son village le 5 mai 1945. Il construit une maison et passera toute sa vie au milieu des paysages qu'il décrit si bien. Employé au cadastre, il ne se consacrera entièrement à son oeuvre qu'à l'âge de la retraite en 1970. Marqué par la guerre qui le hante à tout jamais et qui , lorsqu'elle n'est pas le sujet principal, court en filigrane dans la quasi-totalité de ses romans, chroniques, nouvelles ou récits, Mario Rigoni Stern trouve le réconfort dans une nature qu'il connaît comme personne.                
C'est toujours une curieuse expérience de lire ses écrits dont on sort apaisé, avec l'impression d'avoir vécu avec l'auteur des moments privilégiés, au rythme de son pas, dans les traces des nombreux animaux qui peuplent ses montagnes, au milieu des odeurs de mousse, de sève et de champignons, dans la blancheur de la neige qu'il affectionne tout particulièrement. Une grande compassion transparaît dans les pages de cet auteur d'exception, compassion pour les hommes mais aussi pour les animaux, tous les animaux. Il en parle souvent avec humour mais aussi avec une tendresse peu commune, la tendresse de ceux qui ont compris qu'il n'y a pas une si grande différence entre eux et nous, surtout dans la souffrance.
L'écriture de Mario Rigoni Stern n'a rien de révolutionnaire dans la forme, et c'est ce qui  fait en grande partie sa force d'évocation. Paradoxalement, la poésie de ses textes ancrés dans le monde campagnard vient de l'extrême réalisme des descriptions et de sa langue simple et précise. Il y a de la terre, des rochers, de la neige et du vent dans ses mots.   
L'écrivain qui n'a jamais fréquenté les salons littéraires avait pour admirateur et ami Primo Levi (auquel il a consacré un très bel hommage) qui disait de lui: " On trouve rarement pareille cohérence entre l'homme qui vit et l'homme qui écrit, pareille densité d'écriture."    
Pour l'anecdote, à défaut du Prix Nobel pour lequel il était pressenti, il obtint un honneur qui l'amusait beaucoup. Un groupe d'astrophysiciens a donné son nom à un astéroïde découvert en 1996, ce qui lui faisait dire: " Mario Rigoni Stern se balade dans le ciel. C'est drôle, non ?"     
                  
Si tous les livres de Mario Rigoni Stern sont passionnants, Le ZIG! a ses préférés:

Les Saisons de Giacomo (Robert Laffont)
Histoire de Tönle (Verdier)

Editions La Fosse aux Ours
  
Le livre des animaux
Sentiers sous la neige
Hommes, bois et abeilles
Le sergent dans la neige
Pour Primo Levi
                                        

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire